Présente dans la région depuis 2022, First Phosphate est une compagnie minière récente. Depuis, elle a mis sous claims 1500 km2 de territoire dans l’optique d’en extraire du Phosphate. Ainsi, en mettant ces territoires sous claim, elle s’arroge la prérogative de pouvoir explorer et éventuellement miner dans l’entièreté de ceux-ci.
Selon ses premières analyses, le phosphate présent au Lac à l’Orignal et dans le secteur de Bégin est de telle qualité qu’il serait possible d’en faire des composantes de batteries pour véhicules électriques, soit de l’acide phosphorique essentiel à la fabrication de cathodes pour les batteries LFP (Lithium Fer Phosphate). Ainsi, la compagnie produirait jusqu’à 900,000 tonnes de concentré de phosphate purifié par année pour une durée de 23 ans. Des contrats ont déjà été signés à cet effet avec les géants de la batterie en Belgique.
Des forages exploratoires sont menés dans les secteurs de Bégin et de Lamarche. En novembre 2025, la compagnie a annoncé avoir investi 10 M$ pour augmenter sa superficie de forage à 75,000 mètres.
Elle a reçu en mars 2026 une aide financière de 16,7 M$ du gouvernement Canadien pour réaliser une étude de faisabilité qui devrait être complétée en 2027 pour la production d’acide phosphorique. Jusqu’ici, les coûts du projet sont estimés à 675 M$. L’usine d’acide phosphorique serait située sur les terrains de Port Saguenay à Grande-Anse.
Le gouvernement canadien a également reconnu le phosphate sur la liste des minéraux critiques et stratégiques. Cette reconnaissance permettra entre autres aux investisseurs canadiens de bénéficier d’un crédit d’impôt remboursable de 30%.
Les promoteurs espèrent de plus que cela facilitera l’inscription du projet dans la liste des Grands projets qui bénéficieront éventuellement d’un traitement accéléré. La période des études environnementales, des permis et consultations, notamment du BAPE, seraient réalisées au cours de 2028 et l’ouverture est espérée en 2029
La compagnie est aussi en attente d’une réponse à sa demande de bloc énergétique de 60 MW pour sa mine et de 10 MW pour une usine de phosphate de fer.
Des questions
Outre le fait que ce projet contribuera, avec les autres projets en cours de planification ou d’élaboration, à une augmentation du trafic maritime qui aura des impacts sur les espèces menacées du Saguenay et sur la biodiversité en général, à ce stade-ci nos questionnements sont plus d’ordre général.
Ils s’adressent aux gouvernements, qui ne parlent pas de transition écologique mais plutôt de transition énergétique, sans nécessairement remettre en question le modèle actuel de l’auto-solo et de la surconsommation. Plutôt que d’électrifier tous les petits véhicules individuels servant principalement en ville pour de courts trajets, la Coalition estime plutôt que ce sont les modes de transports actifs, le transport en commun et la densification qui devraient primer afin de réduire la dépendance au pétrole. Il s’agit là bien sûr d’un chemin plus difficile à emprunter d’un point de vue politique, mais nous sommes des milliers au Québec à soutenir ce mode de développement.
Dans un deuxième temps, la Coalition estime qu’il faut se questionner avant de s’aventurer sur la pente glissante de l’exploitation minière. Une première mine menant rapidement à une deuxième, puis une troisième… Il semble y avoir une course aux claims sur tout le territoire du Québec et bien peu de planification et de vision écologique à long terme. Notre accès au territoire et surtout la protection de nos eaux risquent d’être compromis. Pourtant, sur le long terme, c’est de l’eau dont auront besoin nos petits enfants.
C’est donc l’absence de stratégie de transition écologique, et l’absence d’une vision écologique du développement minier qui nous inquiète, et qui ouvre la porte à des projets dont la visée et les effets sont questionnables.
Voilà pourquoi la Coalition va continuer à garder un œil sur ce projet et à collaborer avec ses divers allié-es locaux et provinciaux.
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